Cliché

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Source : Andre kertesz, Polaroids
En sortant de la gare, le ciel s’offrait dans une écoeurante beauté à l’encadrement de la fenêtre de la voiture dont le spectacle qui s’y tramait au derrière en obstruait les détails. La vivacité du rose, dont le nom de la pigmentation aurait pu — perdu entre une dizaines de liens Google plus incohérents les uns que les autres, s’étaler fièrement entre ces lignes pour nommer les nuages si son acidité visuelle n’en était pas le seul souvenir restant. Son extension continuelle faisait passer ciel pour nuage, lequel servait en réalité, penaud, de fond décoratif à ce qui aurait pu naturellement être figé sur écran. L’auteur de l’image née aurait été fier de sa capture ; Dans les mœurs et l’imaginaire, elle contient tout ce qu’il y’a de plus beau — il se serait alors appliqué à expulser soigneusement les parasites étrangers au ciel. L’émerveillement qu’apporte les couleurs vives et naturelles (puisqu’on ne s’étonne, ne s’exalte plus des tissus ou autre création humaine aux teintes similaires, rendant l’extra-ordinaire naturel banal voir kitch) cède sa place à une nouvelle découverte. Le regard trouve un apaisement soudain chez les tristes nuages voisins aux corps froids. Les deux entités du froid et du chaud, de l’excessivement joyeux et de l’outrageusement tristes, tournoient communément comme le ying et le yang, dont la parfaite complémentarité ne relève d’aucune sorte du conflit visuel. Cette danse fait sourire ; Rien de plus harmonieux n’aurait pu être placé dans ce cadre infini à l’œil — que restreint celui d’une fenêtre.
Tous attendrons la clameur imperceptible pour l’autre et indéniablement réelle à soi, annonçant la naissance de l’apaisement absolu, les sens grands ouverts et l’esprit à sa merci, tous agenouillés aux pieds du monde qui les renferment.
A toi, il t’aura bien fallut côtoyer de près – dans une durée qui aurait pu s’étendre à l’infiniment petit de ton existence – les plus vains acharnements, reproduits avec une force de frappe décuplée à mesure que tu t’enfonçais dans ta propre découverte. Sans le fil de la compréhension, trônant pourtant à tes côtés chacune des années gagnées, l’infini aurait saisit de force tout le poids de ton corps pour te garder auprès de ce que tu as déjà vu milles fois au moins, et t’entraîner vers les conséquences que tu ignores.
Les nuages sont-ils régit par une hiérarchie ? Du feu rosâtre et de la glace grise, qu’en dira la loi du plus fort ?
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